FROM VIETNAM WITH LOVE 2: LA BELLE SAIGON

Chers amis,

Un mois et demi après mon arrivée au Vietnam, j’ai totalement adopté Saigon et la vie locale. La ville fourmille toujours autant qu’à mon arrivée, le vacarme sonore est toujours omniprésent, mais l’on s’adapte très vite à cette ambiance sympathique et étonnement détendue.

J’habite dans le District 2, dans le quartier de Thao Dien. Ce coin de la ville, bordé comme une presqu’île par la rivière Saigon, est très agréable à vivre. Proche de l’hyper-centre (les districts 1, 3 et le district de Binh Thanh), Thao Dien est un quartier plus sûr, et sans les désavantages du bruit et de la foule. C’est même le seul endroit de la ville où vous apercevrez des joggeurs à la nuit tombée, car ailleurs l’agitation ne le permet pas. L’on pourrait qualifier le quartier de « nid d’expats », tant nous y sommes nombreux… Certes, mais la vie y est si douce: beaucoup d’amis y résident, les rues sont bordées de jolies maisons, d’immeubles au style colonial et de restaurants sympas, l’on peut se prélasser au bord du fleuve le temps d’un verre ou d’un diner, et profiter de la piscine rafraichissante.

Sans titre
©CopieMaps

Si le temps nous permet aujourd’hui de nous baigner sans craindre la pluie, cela n’a pas été le cas depuis mon arrivée. Septembre et octobre accompagnent la fin de la mousson à Saigon, qui a été assez rude cette année. Deux ou trois fois, je me suis ainsi retrouvée sur mon scooter, surprise par la pluie diluvienne, à franchir des mares de 50 centimètres de hauteur, craignant de noyer mon moteur, regardant avec pitié et appréhension les malchanceux sur le bas côté, poussant leur scooter qui s’était effectivement noyé…

Quiconque osera me dire que la Bretagne croule sous la pluie n’a jamais vécu la saison des pluie en Asie !

Mais mon scooter a tenu le choc, ce qui n’est pas donné à tous mes camarades ici. Nous ne comptons plus les pannes et les mésaventures dans la promotion ! Un jour, la bête refuse de démarrer; l’autre jour, elle cale à chaque intersection; le lendemain, les phares et le tableau de bord ne fonctionnent plus. J’ai acheté à mon arrivée un Attila de chez SYM, scooter emblématique du Vietnam que vous croiserez à chaque carrefour. Bien qu’assez laid et âgé, il tient bien la route. En un mois et demi, je n’ai (presque) pas rencontré de soucis. Mon frein arrière est simplement tombé (!) en pleine conduite sur la rocade de la ville, et la batterie s’est déchargée une fois. Une bagatelle par rapport à mes amis. Vietnam, pays du scooter en panne…

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Mon fidèle destrier, bien laid mais solide ©Pastabobun

Le mythe de la circulation asiatique est assez véridique. J’ai eu la joie d’être prisonnière des embouteillages de centaines de scooters aux heures de pointe, de respirer la douce odeur du smog urbain… Et j’ai mis à la trappe le code de la route. Finis, la priorité à droite et les feux rouges ! Le plus gros véhicule est prioritaire. Mais étonnamment, l’on s’adapte assez vite à la conduite locale. Même si la circulation peut avoir l’air stressante, les conducteurs restent calmes et nonchalants, un spectacle assez déconcertant.

Mais bien évidemment, tout n’est pas rose en deux-roues. Plusieurs bêtes noires s’occupent de gâcher nos trajets. La police routière est assez corrompue: certains n’hésitent pas à arrêter arbitrairement les conducteurs innocents pour leur soutirer quelques billets. Le grand jeu est alors de parler uniquement en français, en faisant mine de ne rien comprendre à l’anglais, de simuler un appel au consulat, de chanter, jusqu’à ce que les agents craquent et nous laissent partir. Il faut bien évidemment retirer ses clés et les garder précieusement sur soi, afin qu’elles ne deviennent pas otages du chantage policier. Si plusieurs de mes amis se sont ainsi fait arrêter, je n’ai pas eu cette malchance: la dernière fois qu’un policier a essayé de me stopper en tapant avec sa matraque sur l’arrière de mon scooter, j’ai fait une queue de poisson et me suis « enfuie », sous le regard amusé et complice d’un autre scooter vietnamien.

Les taxis, bus et mini-bus sont d’autres ennemis des deux-roues. Leur conception de l’altruisme, de l’attention et du partage de la route est souvent… Limitée. Enfin, évidemment, les autres scooters peuvent s’avérer dangereux pour nous. Certains roulent trop lentement; d’autres ne respectent aucun principe de bon sens et tournent, s’arrêtent, doublent sans tenir compte de leurs voisins. Enfin, il est monnaie courante de monter à 3, 4 voir à 5 personnes sur le scooter. Je garantie quelques frayeurs aux futurs conducteurs en Asie…

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Vue depuis Thao Dien du Saigon bridge et de quelques tours du District 1 ©Pastabobun

Hormis ces quelques défauts routiers, Saigon est pleine de charme et de vie. La ville est boulimique de nouveauté et de mouvement: je ne saurais dénombrer les constructions de grattes-ciels, immeubles et résidences qui jalonnent la ville. La première ligne de métro est également en construction: qui sait, peut-être parviendra-t-elle à désengorger un peu Ho Chi Minh de ses scooters? Cette frénésie du moderne contraste joyeusement avec les bouibouis et bicoques aux toits de tôles que l’on trouve ça et là dans tout Saigon. Combien de temps leur reste-t-il avant de se faire raser pour devenir une nouvelle tour?

Il fait bon se balader dans le centre de Ho Chi Minh. L’on prend un malin plaisir à négocier fermement le prix d’un sac ou d’un bol au fameux marché de Ben Thanh; l’on se perd la nuit dans la rue Bui Vien, temple des bars festifs (mention spéciale au 96, bar de tous les vices et délices !); l’on admire songeur la vue sur la belle Saigon depuis un bar en rooftop; l’on se balade nonchalamment dans l’ancien quartier colonial…

De nuit, la ville prend encore une autre dimension. Elle émerveille, semble cacher sa pauvreté, bander ses plaies, pour essayer de ne montrer que le plus étourdissant d’elle-même.

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Vue sur Saigon depuis le Chill Sky Bar ©Pastabobun
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Marché de Ben Thanh de nuit ©Pastabobun

Saigon, ville de contrastes. Saigon, ville de bruit, de frénésie et de vie. Saigon, ville que j’aime habiter.

Veuillez me pardonner le caractère tardif de cette deuxième newsletter. J’ai pris du retard dans mes résolutions… Mais la troisième est déjà en cours de préparation, pour vous conter un weekend passé à Da Lat, station montagneuse de toute beauté. De plus, je pars bientôt à Nha Trang, superbe ville côtière du centre. Vous n’avez pas fini d’entendre parler des merveilles du Vietnam…

Alors à très bientôt sur Pastabobun !

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