Escapade à Ljubljana

Ce dimanche pas de pasta, ni de bobun.

Il y a un mois, le temps d’un petit week-end, j’ai changé d’univers. Car c’est bien ce qui se produit lorsque l’on va en Slovénie. Si l’on a pas un peu de connaissance en géographie, on ne pourrait pas se douter que ce petit pays borde parmi tant d’autres la Méditerranée. Un autre esprit l’habite. Celui des grandes forêts de pins dressés aux couleurs de l’automne, celui des petites chaumières qui ne font pas des villages, celui du silence, enfin, qui fend la bruyante réalité du monde. Et ce cortège d’impressions nous a porté ainsi jusqu’à Ljubljana.

La capitale de la Slovénie n’a pas l’orgueil de Rome — qui l’a ? — mais on sent en parcourant ses rues que le pays a longtemps été au carrefour de nombreuses cultures. Nombreux sont les italianophones et cette proximité avec l’Italie se retrouve parfois dans les assiettes : risotti et pasta mis à part, certains plats traditionnels se rapprochent de ceux qu’on peut trouver dans le nord-est de la péninsule italienne. Attention ! Le fait que certaines personnes parlent italien ne signifie pas qu’elles prennent plaisir à le faire, de même qu’un Français rechignera toujours à pratiquer l’anglais. En effet, il m’est arrivé de susciter quelques grognements inattendus simplement en bégayant quelques mots dans la langue de Dante… Dans l’architecture de la ville se retrouve principalement l’influence autrichienne, à l’exception de quelques monuments de style baroque réalisé par des Italiens comme la fontaine qui fait face à l’Hôtel de Ville. Par exemple le pont des Dragons, qui attire les touristes et fait la fierté des Slovènes, est une oeuvre représentative de la Sécession viennoise dont Gustav Klimt était un des maîtres. On le surnomme « les belles-mères » parce qu’il y a deux dragons de chaque côté… Humour slovène !

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Bâtiment représentatif de l’Art nouveau viennois ©Pastabobun.
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Un des dragons du pont ©Thomas Cerulis.

La ville se situe au centre d’un pays qui compte 2 millions d’habitants. Elle n’est elle-même pas beaucoup plus grande que Padoue. Quand on sait qu’il y a encore un siècle Ljubljana ne comptait que 30 000 habitants, on ne s’étonne pas de retrouver dans la vieille ville l’aspect chaleureux et paisible d’un grand village. Par chance, nous sommes arrivés au moment de la fête du vin slovène et avons été accueillis, dans le coeur de la ville, par de nombreux stands de dégustation de vins et spiritueux, mais aussi de plats locaux.

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La foire dans la Stritarjeva ulica ©Pastabobun.

De ce que j’ai goûté, je peux dire que cela s’apparente à une sorte de cuisine montagnarde, qui tient au corps les nuits d’hiver : écrasé de pommes de terre aux lardons et oignons, kranjska klobasa (saucisse de porc qui se mange simplement avec du pain), ragout, etc.

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Le fameux écrasé de pommes de terre ©Pastabobun.
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Kranjska klobasa ©Pastabobun.

J’ai goûté tout ce qui pouvait l’être lors de ce marathon gustatif et, si j’y ai pris du plaisir, je peux vous assurer que je n’ai rien pu manger les quelques jours suivants. Heureusement, la rivière Ljubljanica offre la possibilité de faire de belles balades digestives. Elle traverse le centre historique et ceint la colline qui domine la ville. J’ai été surpris de voir qu’à cette saison des gens faisaient encore du paddle sur la rivière en famille.

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La Ljubljanica ©Pastabobun.

Si, comme moi, vous préférez la marche plutôt que se risquer à tomber dans une eau gelée, je vous recommande de partir à l’assaut du château qui, au sommet de la colline, surplombe la ville. Même s’il a récemment été restauré, visiter ce château du XIe siècle n’a pas grand intérêt. À vrai dire, son potentiel est assez sous-exploité. Par contre, je vous recommande cette ascension pour le point de vue qu’elle vous offrira sur la ville, qui est à couper le souffle.

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Le petit chemin jusqu’au château de Ljubljana ©Pastabobun.

Si vous n’en avez pas le courage, rassurez-vous: vous pouvez toujours cheminer à travers les petites rues piétonnes à proximité du canal, en contrebas de la colline. Vous y trouverez de nombreux restaurants typiques et/ou touristiques. Pour les petits budgets, je conseille le restaurant Paninoteka gostinstvo situé les bords du fleuve, en plein coeur de la ville. J’ai eu l’occasion de m’y rendre pour le brunch du dimanche, alors que les quais étaient envahis par les antiquaires.

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Mestni trg ©Pastabobun.

Pour résumer, Ljubljana est couverte de charmes. On s’y sent bien, apaisé. Et les promenades le long du fleuve ne lassent pas d’émerveiller. L’air y est pur. Ljubljana est aussi pleine de surprises. La nuit, elle change de visage. Les 60 000 étudiants de la ville que compte la ville font oublier l’ambiance familiale qui domine le jour. Et si je ne me suis pas aventuré dans une des boîtes phares de la capitale, qui se trouve au sommet d’un immeuble, on m’en raconté quelques folies…

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Le Triple-Pont de nuit ©Pastabobun.

Pour toutes ces raisons je suis assuré de retourner en Slovénie un jour, tant il y a de beautés simples, naturelles. Je me permets, avant de vous souhaiter un bon dimanche, d’ajouter une autre raison qui est l’amitié entre la Corse et la Slovénie ou, à défaut, la preuve du bon goût des Slovènes !

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L’amitié corso-slovène ©Pastabobun.

Bon dimanche à tous, et à très bientôt sur Pastabobun !

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