Un séjour bruxellois

En novembre 2014, nous nous échappions à Bruxelles le temps d’un weekend, alors que Pastabobun n’existait pas encore. Nous avions transcris à quatre mains nos impressions et nos découvertes sur un carnet de voyage. Suite aux événements tragiques survenus hier, nous avons décidé de publier ces lignes brutes, sans les corriger, afin de nous rappeler que si Bruxelles saigne, elle reste une ville pleine de vie et de charme.

Samedi 15 novembre 2014

M: Après deux mois d’attente, de mystères et de devinettes, j’apprends enfin, ce samedi 15 novembre à l’aube, que nous allons à Bruxelles.

Huit heures. Le train quitte la gare dans son manteau de crachin belge : le cadre est posé.

Le trajet est si rapide que rattraper la courte nuit s’avère compliqué !

Nous sortons de la gare. Avant de commencer à visiter, quoi de mieux qu’un bon chocolat chez Laurent Gerbaud? La boutique entière est remplie d’arômes, le ton est chaleureux. Nous sommes requinqués, et partons à l’assaut du Musée Magritte.

« Tu veux voir Magritte? »

Une question cocasse à laquelle nul ne doit se dérober. En effet, on peut défendre qu’une pipe n’est pas une pipe mais pas que Magritte n’est pas un artiste. Ce diffuseur de rêves a ouvert ce séjour dans un torrent d’images qu’on ne saisit pas. Il nous a ouvert l’appétit, aussi.

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La Magie Noire, René Magritte, 1935
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Balade au jardin du Mont des Arts en sortant du Musée Magritte ©Pastabobun

A: Après ce tourbillon de tableaux dont nous ne comprenons pas toujours le sens, mais dont nous apprécions toujours la beauté, nous partons à pied vers le quartier de Dansaert, en quête de l’appartement que j’ai loué, rue Saint-Christophe. Nous récupérons les clés dans le café d’en-bas, et avons l’agréable surprise de découvrir un bel appartement aux plafonds hauts, aux pièces spacieuses, et aux murs ornés de nus.

Affamés, nous partons pour le Centre-Ville à la recherche d’un bonheur immédiat: Fritland. Fermé à nous par la masse d’amateurs de frites qui trônaient devant, c’est partie remise. Nous parions alors qu’aux Armes de Bruxelles nous pourrons livrer notre petit combat gastronomique, et nous ne sommes pas déçus. Malgré l’affluence du déjeuner d’un samedi, nous parvenons à trouver une petite table blanche au fond de la salle. Le verdict ne se fait pas attendre: moules-frites nous voulons, moules-frites nous aurons.

Le service est discret et efficace. Les réjouissances arrivent déjà, et nous commençons la lutte avec nos estomacs. Les moules sont charnues, parfaitement cuisinées (vin blanc ou crème, avec une petite pointe de céleri appréciable…). Et que dire des frites, et de leur mayonnaise! Mattéo, tout particulièrement, est comblé : il finit le petit pot tout entier.

M: Je confirme ces dires. Allégés du fardeau de la faim, nous voilà portant le fardeau de l’appétit étouffé par les victuailles. La digestion nous appesantit fortement…

Mais Bruxelles demandait à être visitée ! Alors, nous avons décidé de faire l’ascension vers Saints-Michel-et-Gudule (si la Belgique est un plat pays, c’est que toutes ses collines sont à Bruxelles). L’élégante cathédrale domine la ville. Alix, d’ailleurs, ne manque pas de saluer la position qu’elle occupe par rapport au reste de la ville : « l’Église se porte bien ».

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La cathédrale Saints-Michel-et-Gudule à Bruxelles ©Pastabobun

A: Mattéo peine à monter les quelques dizaines de marches pour atteindre la cathédrale, mais nous arrivons à nos fins. Malheureusement, notre visite est écourtée par un office imminent. En pieux touristes, nous nous éclipsons, et continuons notre périple dans le centre de la capitale.

Après un passage par la galerie de la Reine, nous arrivons sur la grande, la belle, la majestueuse place centrale. Dominée par la tour de l’hôtel de ville, elle est le carrefour touristique et locale de Bruxelles, le poumon de la petite ville.

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L’hôtel de ville de Bruxelles ©Pastabobun
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Immeubles bordant la Grand-Place  ©Pastabobun

M: Nous quittons cependant cet écrin d’or pour découvrir les autres lieux incontournables de Bruxelles. D’abord, la modeste église Saint Nicolas située tout près de la Bourse. La foi en Dieu face à la foi en l’argent. Puis nous sommes avons remonté la rue Dansaert – proche de l’appartement – pour nous rendre à l’église Sainte-Catherine, derrière laquelle le marché de Noël se préparait.

Après ces pérégrinations dans la ville, nous rentrons nous détendre, prendre un petit bain. Nous nous écroulons de fatigue.

A: Nous sommes réveillés par un coup de téléphone de notre ami Yann, bruxellois à ses heures perdues, qui nous propose une petite soirée au mythique Délirium avec d’autres locaux, après le dîner. Dîner… C’est que l’heure tourne, et que la faim nous tiraille !

Nous faisons alors le chemin inverse de notre promenade autour de Sainte-Catherine, où nous avions repéré moult petits restaurants ! Nous essuyons pourtant trois refus… Mais ne baissons pas les bras. Rue de Flandres, nous entrons Chez Claude, petit bistro belge convivial aux murs tapissés d’articles de journaux. Une petite table bleue chinée aux puces nous attend: enfin, nous sommes installés !

M: J’ai mes pleurotes; Alix, ses crevettes au safran.

Après ce petit repas, nous partons à la découverte de Bruxelles éclairée par la nuit. Dévêtue par ses habitants de son austérité, la ville trouve alors une chaleur et une convivialité singulières. Nous avons fait la même balade qu’en journée mais Bruxelles était autre. Les monuments changeaient de façade, les rues de tracé. Et toute la ville était dominée par l’impérieuse tour de l’hôtel de ville au pied de la quelle la jeunesse bruxelloise s’enivrait comme un seul homme.

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La Grand-Place la nuit tombée ©Pastabobun

A: Et s’ils s’enivrent, c’est que nous devons faire de même ! 23h30 approche, il est grand temps d’affronter la crème des amateurs de bière, d’absinthe et de jovialité au Délirium. Par miracle, Yann et ses deux compères ont déniché une table dehors. À peine assis, le défilé des litres démarre ! Nous commençons par une petite tournée de shots d’absinthe, pour se mettre en jambes. Puis, les différentes bières s’alignent sur notre petit spot convoité.

Le Délirium recense le plus grand nombre de bières au monde, et peut se vanter d’être populaire et convivial.

Nous sommes samedi: les habitants et les visiteurs se mêlent dans la ruelle arborée de bars, tous enseignes du Délirium, dans une joyeuse cacophonie. Il y règne une ambiance absente de Paris : les policiers sont présents et discrets, tout comme les vigiles, et chacun peut se laisser aller à la sa joie et à la fête générale. Une adresse peu recommandable à recommander de vive voix.

**

Dimanche 16 novembre 2014

A: La nuit est réparatrice: c’est reposés et encore, toujours, affamés que nos entamons le pendant dominical de notre séjour. Après avoir rendu, à contrecoeur, les clés de l’appartement, direction le restaurant Les Filles, rue du Vieux marché aux grains, pour un brunch mérité.

La particularité du lieu lui confère tout son charme. Cette alcôve culinaire a pris ses quartiers dans un grand appartement nivelé. Alors que la cuisine et la petite boutique accueille les clients au rez-de-chaussée, décoré de cocottes et autres instruments de plaisir, il faut monter au premier pour déjeuner. De larges et longues tables agrémentées d’assiettes old school disparates et de mythiques verres Duralex composent le décorum. On se sent chez nous. De charmantes serveuses nous expliquent le concept: il convient de se servir à sa guise dans les beaux plats remplis de mets alléchants. Nous prenons vite place.

M: Le slogan du lieu est révélateur : « Chez les Filles, c’est comme à la maison ». Nous nous sommes servis près de 4 fois: oeufs mollets, tomates et mozzarella, vieux comté, jambon, brioche, pain et confiture, soupe. L’ambiance, le cadre, la nourriture, tout dans ce lieu détend et comble de joie.

L’après-midi, nous nous sommes réfugiés quelques instants dans un salon de thé près de l’église Sainte-Catherine pour écrire le récit de ce voyage. Nous avons déambulé ensuite une ultime fois dans ce Bruxelles que nous nous apprêtions à quitter. Notre train n’étant qu’à 20h, nous en avons profité pour visiter le Musée royal des Beaux-Arts. Alix, craignant que je n’aie pas apprécié le Musée Magritte la veille, insiste pour que nous fassions l’exposition des « vieux maîtres ».

Après la visite, nous avons dégusté de bonnes gaufres liégeoises avant de retourner chez le chocolatier Laurent Gerbaud boire de bonnes bières et acheter du chocolat.

Il nous restait deux heures. Deux heures avant de prendre le train et de dire « au revoir » à l’accueillante capitale belge. Que n’avons nous pas fait ? Fritland ! Nous y somme allés, finalement, le ventre pourtant si lourd déjà. Mais ces frites valaient le détour, même si Alix n’y survécut pas.

Ah ! J’oubliais : nous sommes allés voir le petit chérubin nudiste qui urine dans une fontaine. Ça ne valait pas forcément le détour, mais c’est fait.

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Le Manneken-Pis ©Pastabobun

Déjà nous voilà à la gare.

Puis dans le train.

Bientôt en France.

Nous garderons de ce voyage un heureux et inaltérable souvenir.

 

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