Souvenirs génois

Je n’étais pas à Gênes hier, ni la semaine dernière. Le voyage date un peu ; du mois de décembre précisément. Aussi, il ne faut pas s’attendre à retrouver ici de bonnes adresses de restaurants — et je vous prie de m’en excuser. De Gênes, je n’ai gardé que des couleurs, des senteurs, une musique particulière qui participent d’un contraste propre aux cités latines de la Méditerranée.

J’ai visité Gênes, écrivais-je, au début du mois décembre avec un groupe de bons amis. Je me souviens qu’à cette période une bonne partie de l’Italie septentrionale était embaumée dans un smog oppressant. Et la cité génoise n’y échappait pas. Le soleil y perçait péniblement aux heures de zénith, avant de disparaître aussitôt qu’il était apparu.

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©Marie Gadenne

Pourtant, j’ai le souvenir d’un séjour qui fut ensoleillé. Sans conteste, l’ambiance de la ville fonda cette impression. À bien des égards, Gênes rappelle Marseille. Il y a ces mêmes voix qui s’élèvent en choeur, ce même chant des cités portuaires. Ces mêmes odeurs, aussi, qui évoquent la mer tout en inspirant parfois une impression de saleté.

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Gênes vue des hauteurs ©Pastabobun

J’évoquais plus haut ce contraste qui habite Gênes, qui fait sa beauté. Il s’agit de cette tension permanente entre le délabrement et le faste, entre l’étroitesse des rues et la beauté des strade nuove sur laquelle fleurissent les palais.

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Une rue génoise « classique » ©Pastabobun
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Un palais vu depuis la via Garibaldi ©Pastabobun

Surtout, Gênes me semblait familière. Je devrais dire que Bastia ressemble à Gênes, mais tout en moi indiquait le contraire : le coeur ne reconnait pas l’ordre des choses, ou plutôt il le renverse. Les faubourgs génois dans lesquels je pris plaisir à me perdre me rappelaient ceux du quartier de la Citadelle de Bastia baignés d’ocre, de beige, de rose. Aussi, je me baladais dans la cité avec la nonchalance de celui qui semble redécouvrir quelque chose qu’il a connu en d’autres temps, d’autres lieux.

Nous n’y étions restés que trois jours, mais trois jours suffirent pour qu’à Gênes nous nous sentions chez nous.

Nous l’avons quittée le jour de l’ouverture de la Porte Sainte de la cathédrale San Lorenzo par le cardinal-archevêque de la ville.

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Cathédrale San Lorenzo ©Marie Gadenne

De chaque église de la ville s’élevaient les chants qui allaient ouvrir le Jubilé de la Miséricorde. Et dans cette communion qu’on ne retrouve qu’en Italie, où les voix des hommes résonnent au son des cloches, chaque église s’allumait comme les feux du Gondor.

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